Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 22:25

 

Mouais, je vais dire que j'ai hiberné et que c'est les quelques rayons de soleil de fin février qui réchauffent l'épiderme et me réveillent au petit manège médiatique. Il s'est passé quoi en 3 mois où je ronflais et m'agitais sur d'autres fronts? Ben, la crise, tout simplement, avec ses canines bien plantées dans les flancs des trésoreries nationales… ça commence à tourner au pas original du tout cette histoire… pas facile de garder la tête froide…

Panique à tous les étages, le nationalisme prolétarien serait donc en passe de revenir au galop? Ben oui, rien qu'une bonne crise pour se refermer, se replier derrière des barrières imaginaires et jamais sécurisantes. En fait, là, j'arrive quelques jours après la bataille où on a vu les travailleurs britanniques de la construction se lancer dans des grèves sauvages suite à la décision de Total (tiens, tiens on se retrouve…) de confier aux Italiens d'IREM le soin de mener à bien un projet de construction, en conclusion de l'inévitable appel d'offres européen et tout ce qui va avec, nécessitant en l'occurrence de la main d'œuvre européenne pour au total voir débarquer 400 Portugais et Italiens au Royaume Uni. Les Brits de la raffinerie de Lindsey dans le Lincolnshire n'ont pas gobé aussi bien le truc d'où des grèves sauvages amplifiées par la participation des autres Brits à travers le Royaume Uni, de l'Écosse au Pays de Galles du sud (The Guardian du 31/01/2009) le tout en reprenant les paroles de Gordon Brown prononcées en 2007 (il ne devait pas penser que ça lui serait resservi comme ça) "British Jobs for British workers". Ils lui ont gâché sa semaine de ski à Davos. Selon le Guardian, les chefs syndicaux britanniques ont surtout la rage qu'on ait négligé la main d'œuvre locale, le truc parfait pour le British National Party qui est prêt à sauter sur l'occasion.

Bobby Buirds du syndicat Unite en Écosse estime que le problème, ce ne sont pas les étrangers mais les entreprises britanniques qui font de la discrimination contre la main d'oeuvres britanniques. Les répercussions se font sentir sur les rives de l'Adriatique où La Repubblica du 04/02/2009 nous fait visiter Porto Viro (Rovigo) où sur une plateforme, britannique, Yanks, Italiens et Norvégiens travaillent ensemble pour un système de regazéification qui doit chauffer une maison italienne sur 10. Les Anglais ne sont pas très à l'aise avec ce qui se passe chez eux ("ridiculous") tandis qu'au café du commerce vénète, on envisage des représailles équivalentes au préjudice moral subi. La Repubblica et Il Sole 24 Ore du 04/02/2009 se font l'écho du Président de la République italien Napolitano qui trouve inadmissible la grève des britanniques et apprécie le soutien de Brown. Napolitano dénonce les égoïsmes nationaux et locaux, les manifestations xénophobes et les protectionnismes, bref, tout ce qui ne servira pas à dépasser la crise.

Cette crise sociale est un phénomène connu depuis plus longtemps comme nous le signale The Observer du 01/02/2007: le gouvernement britannique savait depuis 5 ans que la légalisation de l'emploi européenne pour travailleurs étrangers déboucherait sur de l'agitation sociale. L'ex ministre Labour du Travail, Frank Field, a prié Brown de faire de toute urgence une déclaration au Parlement et de faire une nouvelle loi pour obliger les entreprises britanniques à offrir du travail aux Brits, sinon, tout ce qui pourrait péter ne pourrait qu'être bon pour le BNP.

Le problème c'est de savoir maintenant qui va travailler sur les grands projets d'infrastructures avec à la clé les travaux pour les JO de Londres 2012, un truc à se retrouver à la veille des festivités olympiques avec des stades pas finis et des travaux à toute vapeur comme ça avait été le cas pour Athènes 2004. Ça ferait un peu désordre. Un petit espoir pour Bertrand Delanoë et son "amour des jeux"?

Une analyse salvatrice et agréable nous arrive de Ken Loach dans La Repubblica du 07/02/2009. Là, j'avoue, c'est un peu le fan de base qui tapote allègrement ces quelques lignes mais My God, if there is one mate on earth to make you love this goddamn Britain, it can only be him. Il est à peine plus jeune que mon père mais je le soupçonne d'être moins vieux con que d'autres pestouilleux aux mâchoires carrées et arrivistes. Loach se déclare tout simplement solidaire des travailleurs britanniques et leur mouvement n'était pas contre les travailleurs italiens ou portugais, contrairement à ce qui a pu être relayé dans les media pommy ou au gouvernement de sa Gracieuse Majesty. C'est effectivement très moderniste de pratiquer un espèce de dumping social en embauchant des mecs du Sud de l'Europe pour leur filer des contrats avec moins de garanties et des salaires plus bas que dans le pays où ils vont travailler. Dans le cas des Dagoes, ils squattaient même sur une barge, une idée de l'enrichissement qu'on peut tirer d'un tel séjour à l'étranger…. Pour Loach, les travailleurs anglais ont les idées bien claires: les règles du travail doivent être les mêmes pour tout le monde. Ce qui est arrivé n'est pas seulement le lointain héritage du grand bon en avant de la Dame de Fer, Loach précise que Blair et Brown ont été aussi de bons élèves. Le mot de la fin par Seumas Milne dan le Guardian du 05/02/2009 qui reprend les paroles d'un leader de Unite pour expliquer que la vague de grèves ne portait pas sur la race ou l'immigration mais tout simplement sur la classe ouvrière, une lutte pour l'emploi dans une récession qui s'intensifie et un retour de manivelle pour le modèle de dérégulation avec sa course aux résultats, le néolibéralisme que ce brave New Labour a poursuivi depuis une décennie. Les grévistes n'ont pas pris comme bouc émissaire les Italiens, Portugais, Espagnols ou Polonais ramenés pour faire de la sous-traitance. Ce n'était pas une campagne de grèves pour les privilèges des travailleurs du cru contre les étrangers mais une lutte pour le droit à tous d'accéder aux emplois en Grande Bretagne et contre l'utilisation de contrats fait à l'étranger de manière à saper et à dévaluer la main d'œuvre locale.

 

Heureusement qu'il y des vigies anticapitaliste comme le petit postier de Neuilly. Carrément la gloire pour Olivier et son Nouveau Parti Anticapitaliste avec le Guardian du 06/02/2009 qui reprend son projet d'un nouveau parti rassemblent des gens aux trajectoires politiques différentes et avec la crise économique qui dévoile les dangers d'un capitalisme sans brides, le message de propriété collective avec redistribution fait un tabac inégalé. Un leitmotiv qui trouverait même un écho chez le petit magyaro-neuilléen domicilié dans le VIIIème arrondissement. Il est partout notre Postman Pat trotskiste: dans El País du 28/01/2009, il confie appartenir à une génération pleine de doutes et c'est pas plus mal. El País souligne que la droite française le voit bien comme quelqu'un capable de mettre les gens dans la rue alors qu'il est en même temps le résultat d'une blessure à gauche. Il dit tout observer et là, ça fait un peu La Samaritaine: les régimes vénézuélien, cubain, vietnamien, chinois, le guévarisme, le trotskisme, les mouvements écologistes. Va t'y retrouver là dedans. De Morgen du 07/02/2009 nous fait une pleine page sur Olive et son itinéraire (politique, bien sûr pas celui de sa tournée de distribution de courrier…) et le NRC Handelsblad insiste sur son aspect générationnel (iPod Generatie) et l'espoir que ça peut être pour la France qui semblait partie au début de la décennie pour être le laboratoire de la gauche antimondialisation mais tout est resté éclaté contrairement aux Pays Bas et en Allemagne où des partis ont émergé sur la gauche des populaires partis historiques de centre gauche (SP et die Linke). Après la gueule de bois de 2002, une chance pour 2012? Attention à third time lucky…

 

 

Maintenant vous êtes fatigués, vous rêvez de ciel bleu, de balades au gré de la brise dans un tangage nonchalant au large de criques colorées et recuites sous le soleil… The Guardian du 26/01/2009 et La Stampa du 07/02/2009 nous emmènent en Corse avec à chaque fois une pleine page pour nous apprendre que les joyeux cagoulards apprentis artificeirs à leurs heures perdues se découvrent maintenant une âme verte: ils ont pas aimé le Padduc qui pourrait abolir la protection dont jouit une bande de littoral de 100 m où il est interdit de construire. Bon, c'est vrai qu'il y a pas que les séparatistes qui poussent une gueulante. En plus, on sent qu'ils ont pas envie de rigoler ceux de Corsica Libera comme les cite la Stampa:"ils ne sont pas opposés au recours à la violence". Ça risque de tourner aux cadences infernales pour eux, habitués à remodeler les villas locales avec des pains de plastic, si jamais ils se retrouvent avec les maquis de béton comme ceux qu'il y a en Espagne, ils sauront plus où donner de la mèche.

 

 

Et puis que serait l'actualité étrangère sans un coup de projecteur des media étrangers sur notre petit couple princier, pouvoir et paillettes réunis pour le meilleur? Un an déjà que la sirène turino-piémontaise porte des semelles plates (El País 01/02/2009) mais elle nous rassure (toujours dans El País) qu'elle est toujours de gauche et elle a même fait découvrir à son présidentiel époux des milieux insoupçonnés comme les cercles intellectuels, c'est vrai que ça doit lui être assez nouveau.... The Times du 12/02/2009 revient sur l'Autobiographie non autorisée du concurrent de Julien Dray en matières de Rolex et autres toccantes dispendieuses, l'idéateur du slogan néo-rural de Tonton, avec ce dîner du 13 novembre où tout a commencé. Sarah Vine analyse la rencontre entre un "parfait exemplaire de la masculinité gauloise (un comble pour un descendant de la Mitropa mais preuve qu'il a bien su s'intégrer) et une vamp à la hauteur de sa réputation". Il y aurait même du Antoine et Cléopâtre si on en croit cette bonne Vine… woouhh, ils auraient pu faire figurants dans le peplum de Chabat. Pour Vine, draguer en évoquant le couple Marylin-John n'est pas vraiment une garantie de stabilité pour la relation, il y aurait même de quoi faire fuir la nénette qui devrait donc finir comme la légende: tragiquement, avec une overdose. Quant à lui, ce serait le cavaleur charismatique. Vine regrette qu'ils n'aient pas été mieux coachés au niveau approche: "Vous faites l'amour parce que personne ne vous le fait?". Pour Vine, on est chez les adultes, pas au lycée. Il va falloir qu'il fasse mieux que ça, conclut notre analyste grande bretonne.

 

 

Par mazza
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