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Crise immobilière chez les Brits, les prix qui dévissent et les ventes de maisons au plus bas depuis 30 ans. John Henley du Guardian (05/09/2008) nous rappelle le rêve de la Dame de Fer de faire des Brits une nation de propriétaires. Ça s'est fait à une vitesse ahurissante. 70% des Brits sont propriétaires de leurs maisons alors qu'il y a encore 30 ans, la moitié était en location. Le prix moyen d'une baraque était de 218 000 £ en octobre 2007, 3 fois le niveau de 1995. Les Anglais se sont embarqués dans les achats de maisons non seulement pour être simplement chez eux mais aussi pour les autres, pour louer. Henley signale le changement d'attitude par rapporte à la brique : ce n'est plus la "maison" pour y vivre, le foyer, mais c'est devenu une propriété, une source de profits, tout ça encouragé par des taux complices et un matraquage libéralo-publicitaire dont les slogans sont plus rigolos en version originale, traduits en français, on aurait l'impression de retrouver les slogans de campagne du RPR pour les législatives de 1986… si je parle de cette époque, c'est pour vous dire à quel point je suis jeune…
Le pire, c'est que si ça tourne au jeu de massacre immobilier comme aux States, les nouveaux pauvres désociabilisés ne pourront même pas trouver un toit sous un œil bienveillant enveloppé dans un uniforme. Le gouvernement anglais projette de construire 3 prisons titanesques, chacune devant accueillir 2500 détenus, là, y'en a qui seront à l'abri pour le coup. Un tel empressement immobilier devait finir par réveiller des aigreurs chez quelques-uns, des esprits éclairés et tout ça, alors que tout ce que réclament les braves gens, c'est un toit… who fancies sleeping rough? Le Conseil National des Commissions Indépendantes de Surveillance (NCIMB) vient mettre son nez dans cette grande envolée lyrico-bétonneuse et il dit au Ministre concerné que diriger des prisons mammouth, c'est tout juste bon à avoir d'énormes problèmes de personnel. Il y va fort le patron du NCIMB, Selby (The Guardian 27/08/2008), il évoque la surpopulation et il parle de démesure quant aux chiffres. ben, et les résultats alors? Du chiffre, mon gars, il faut du chiffre.
7500 places en prison supplémentaires, c'est encore plus de galères (si je peux me permettre) pour faire coïncider les besoins de différents types de prisonniers qu'on s'attend logiquement à tenir éloignés les uns des autres. Heureusement qu'une porte parole du Ministre de la Justice britannique précise que ces prisons titanesques ne doivent pas être vues comme des 'entrepôts', les détenus seront accueillis selon leurs besoins et ce qui leur est reproché (encore un peu et on va nous parler de 'clients'…) et tout cela sera situé près des zones qui génèrent le plus grand volume de délinquants - c'est mieux en V.O: the greatest volume of offenders… En fait, là, c'est clair, il n'est plus question de clients mais de marchés, de zones de chalandises et autres joyeusetés sémantiques pour évoquer ce que nous devenons tous dans cet Occident tellement avant-gardiste : des unités de consommation bien individualisées, bien rangées dans leurs cases, une clientèle captive… en quelque sorte.
Écho espagnol à la claustromanie avec El País (05/09/2008) qui publie un texte de Frederic Sánchez, habitué des visites de prisons espagnoles et françaises, et qui nous parle de cette fuite en avant consistant à enfermer de plus en plus de gens, avec pour déduction logique, les complications pour tous : les incarcérés comme ceux qui les entourent. Sánchez note qu'on en est en train progressivement d'éteindre tout ce qui peut être réinsertion, le minimum normal pour l'accomplissement d'une peine, et qu'on assiste plutôt au renforcement de l'inverse, c'est-à-dire un système de corruption et d'exclusion, un système où le fort domine, où le marché de toutes les drogues se porte bien et où celui qui a l'oseille s'en sort avec toutes les faveurs. Sánchez fait encore plus mal en nous rappelant que ce qui se passe derrière les murs d'une prison, c'est la vision microscopique d'une société, un miroir qui révèle à nos démocraties leur développement discutable. Il emploie la belle image des boomerangs qu'on balance par-dessus les murs des prisons en espérant qu'ils ne reviennent jamais…
Un qui ne risque pas de revenir, c'est Gene Hathorn qui attend dans le couloir de la mort au Texas pour avoir tué son père, sa belle-mère et son demi-frère. Si son dernier appel ne passe pas, il a demandé à ce qu'une fois exécuté, il soit transformé en nourriture à poissons et distribué à nos copains Bubulles (The Independent 04/09/2008). L'idée a déjà séduit Marco Evaristti qui serait prêt à mettre en scène la transformation de Hathorn en nourriture pour nos amis à écailles dans un endroit comme le Museum d'Art Moderne à New York. Ça, c'est du happening. C'est vrai que ce pauvre Hathorn doit aussi se sentir seul, il ne risque pas d'y avoir grand monde à son éventuelle sortie de prison vu comment s'est terminée la dernière réunion familiale…
J'essaye de faire une petite note légère, des fois, il parait que je suis drôle. Comme je suis en plein action-répression, je repars sur un truc que j'avais dans La Stampa du 17/08/2008 : Aurora Bergamini s'attarde sur Le Brigadier, un flic rappeur qu'on trouve sur Myspace et qui rap sur la malaise des policiers, la dégradation des conditions de travail et les dérives des agents de police depuis le passage du petit échappé neuilléo-magyar dans leur ministère de tutelle. Les pressions ont commencé à cette époque avec l'obligation d'avoir des résultats en matière de sécurité.
Bon, un truc bien simple pour ramener la paix dans ce Disneyland enchanté qu'est l'Hexagone et je me demande d'ailleurs pourquoi elle y a pas pensé la Bergamini, on a qu'à proposer un jam, un soir au coin du feu, dans la petite bâtisse qui se trouve Rue du Faubourg Saint Honoré avec le Brigadier et l'ambassadrice de charme de la ville de Turin qui a déjà tant fait pour le rapprochement entre les hommes. Comme il parait que la tunique bleue mélomane adepte du langage des jeunes est d'origine italienne, ils pourront parler du pays… lo so che è una cazzata…
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