Jeudi 22 octobre 2009


Plus qu'un cycle, un gouffre de 6 mois sans ces précieux blablatages… je deviens trop vieux mais c'est pas la place ni l'heure de commencer à chialer sur sa vieille carcasse rouillée qui peine à continuer dans les première langues de froid d'un hiver qui avance masqué. Poésie un peu limite d'ailleurs puis que je continuerai quoi qu'il arrive à être au chaud dans cette belle maison commune à laquelle la rousse Eireann a décidé d'adhérer, se ravisant de sa hardiesse négative d'il y a quelques mois… bof, en clair, le traité de Lisbonne sera ratifié partout malgré les freinages des 4 fers observés à droite et à gauche (enfin, la gauche, faut vite se dépêcher de la trouver, c'est presque une espèce en voie de disparition) sur le vieux continent.

Regards croisés sur les dernières élections qui ont eu lieu en Allemagne et au Portugal avec une péninsule ibérique qui faite figure de tache rouge au sein de l'Europe comme le décrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 29/09/2009 et pourtant les économies des deux pays ne sont pas à la fête. Zapatero (toujours le Frankfurter Allgemeine Zeitung) est peut être un peu obligé de revoir ses rêves de 8ème puissance économique mondiale à la baisse. Le Portugal est toujours en léthargie mais les socialistes de Sócrates poussent un soupir de soulagement après la débâcle de juin aux élections européennes (Süddeutsche Zeitung 29/09/2009). Le Frankfurter Allgemeine Zeitung parle d'une "victoire extraordinaire" reprenant les paroles de Sócrates qui passe quand même de 45% à 36,6% des voix Le Tages Anzeiger suisse du 29/09/2009 parle d'un vainqueur électoral sans amis, la victoire est modeste. La gauche de Sócrates lui a reproché arrogance et excès en libéralisme avec réduction des effectifs de fonctionnaires de -10%. Dégraissages en vain puisque le Frankfurter Allgemeine Zeitung  trouve que le Portugal a souffert d'un élargissement d'une Europe à 27 avec une émigration de l'industrie vers l'Est. La droite portugaise doit se coltiner une défaite amère et le Frankfurter Allgemeine Zeitung  invite Manuela Ferreira Leite, la dame de fer locale à se renouveler personnellement ainsi que son programme. Sócrates doit quand même penser à gouverner en minorité, tout comme Zapatero à Madrid. Le Süddeutsche Zeitung rappelle que les gouvernements minoritaires ou de coalition sont pas nombreux au Portugal. Angela Merkel n'a eu qu'à demander et le peuple le lui a accordé : le Diário de Notícias note cruellement que la chancelière a pu mettre hors équipage la gauche et qu'elle pourra maintenant se rapprocher du Parti Libéral dont la fête a rassemblé beaucoup de jeunes à Berlin, ce que relève l'ancien président de l'Assemblée Portugaise Vítor Crespo. Il a vu un mouvement de la jeunesse du CDU pour que Merkel soit élue, les jeunes ont senti la nécessité de se ranger au système vu les difficultés qu'ils éprouvent. Autre son de cloche au Portugal où Crespo estime que le vote des jeunes était imprévisible.

 

On lance la marche mortuaire? Walter Veltroni (Il Sole-24Ore 29/09/2009) relit bien le résultat du SPD allemand avec une constatation bien simple: le pire score depuis 1949 et des travaillistes anglos qui passent de 44,5% il y a 10 ans à 15,3%, les Socialistes français chutent à 16% en juin et les Autrichiens embarqués sur la même pente. Pour Veltroni, il faut arrêter avec des partis qui reprennent encore une histoire du siècle dernier, la grande coalition allemande à laquelle a participé le SPD est une anomalie dans le sens où d'après lui, les électeurs ont intégré le bipolarisme même s'il sent une tendance de fond avec un Continent européen qui penche à droite. Veltroni parle plus de capacité d'un parti à faire bouger les électeurs vers lui que d'un vote qui serait l'expression "rigide" (comme il dit) d'une appartenance politico-idéologique… le marketing politique aurait-il encore de beaux jours devant lui? Pour Veltroni, l'avenir aujourd'hui pour le centre gauche, c'est la politique démocratique, pas l'identité socialiste. Presque un gros mot? Presque passé de mode: "Envie d'opposition pour le SPD" si on en croit la La Repubblica  du 26/09/2009. Peut être pas un mal s'il est question de préparer une alternative avec Die Linke et les Verts mais il est surtout question de faire comprendre à la gauche européenne que la Troisième Voie, c'est bien fini, que l'époque de l'après Schröder préfigure l'après Blair.

Finalement, socialiste, ça veut encore dire quelque chose? Ça semble pas vraiment unifié au niveau européen sur la marche à suivre pour les quelques années à venir. Gabriel Colomé prend toute une page dans El País du 22/09/2009 pour parler du creux de la vague du Parti Socialiste en France. Pauvre PS qui se retrouve à la croisée des chemins pour son avenir et même celui de la trade mark socialiste dans le reste de l'Europe. Que de responsabilités pour la Madone du Poitou et le reste de la pandilla. Et Colomé qui en rajoute une couche avec la pression du magyaro-neuilléen pour piquer les idées et les dirigeants du Parti Socialiste. Sans blague? On n'avait pas remarqué. Juste d'un point de vue hexagonal, Colomé résume le problème du Parti Socialiste français par le fait que ses dirigeants n'ont pas su interpréter ce qu'était la 5ème république dont la clé de voûte est le Président de la République. La constitution de 1958 est juste là pour bâtir une monarchie républicaine. Cet aspect n'a pas échappé à certains.

L'état des lieux est sans appel si on lit bien: El País (30/09/2009) parle d'effondrement et de catastrophe, le Tages Anzeiger du 29/09/2009 d'un Waterloo pour le SPD et le Wirtschftsblatt autrichien est apocalyptique avec sa "fin du siècle social démocrate". Et oui, même en Autriche, les sociaux démocrates prennent des taules. Cédric Wermuth, Président des jeunes Socialistes suisses pense que c'est à partir de la crise que la social-démocratie peut redevenir une véritable alternative. Et bien vite, alors, parce qu'il y a comme des urgences…

 

Par mazza
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Samedi 11 avril 2009

Quelques petites dernières pour la route, parce que vraiment, il n'y a pas de quoi se poser de question et puis j'arrive aussi après la bataille. Les gens ne s'imaginent pas à quel point j'ai un emploi du temps polymorphe (c'est joli comme mot et je voulais pas dire chargé… sinon, c'est quoi… sovraccarico, stipato, fitto, strapieno…?) qui se barre dans tous les sens et ma tête et tout ce qu'elle contient avec alors qu'en fait, j'ai des préoccupations bassement matérielles, voire connes: ma voiture décorée par les pigeons parisiens, quand arrivent ces fucking factures des télécoms? Et comment je vais faire pour les vacances?…

Public virtuel dévoué à la lecture rêvée de mes lignes de quadragénaire, penses-tu que c'est grave?

Ça fait un an que j'ai ouvert ce que je pense être une fenêtre sur l'extérieur et en même temps cette fenêtre doit faire rentrer de l'extérieur dans ce monde routinier que j'alimente au quotidien… la vache, c'est compliqué… je me retrouve avec des tonnes de signaux qui arrivent de partout et, blimey, si c'est pas moi qu'en parle ou qui les digère pour les recracher, who else? Plutôt que de m'égarer les doigts, je ferais mieux de me repencher sur ce qui s'est récemment écoulé. Et toujours la sensation que la matière est là mais qu'il faut juste savoir la mériter même si c'est pas de l'or.

Le truc marrant par excellence et il était d'ailleurs temps que j'en parle (attention, ça va redevenir sérieux…) c'est lire dans El País du 15/03/2009 que Obama a reçu Lula, qu'une nouvelle race d'alliance est juste née entre 2 pays qui veulent impulser un nouveau modèle de relations pour le continent. Pas grand-chose, ça concerne juste le leader d'une alliance militaire chez qui l'illuminé magyaro-neuilléen veut s'installer en taulier et le président d'un pays de plus de 7 millions de km² avec des ressources minières encore à exploiter et une population jeune… pourquoi parler d'avenir dans ce cas là? Qu'est-ce qui peut pousser les latino-américains à s'engager dans une impasse gauchisante alors qu'en Europe, on a tout compris et que le modèle libéral est bien là pour rester sous nos latitudes. Pour la Vanguardia du 18/03/2009, il est juste question d'une grande moisson rouge au lendemain de l'arrivée au pouvoir par voie démocratique de Mauricio Funes au Salvador. Un petit pointage fait apparaître la Colombie et le Mexique comme étant encore des pays de centre droit…eux qui sont justement les alliés des USA évoqués par El País. La France a tout compris: elle a déjà Dominique Strauss Kahn comme socialiste de pointe à Washington, prêt à faire la jonction entre les gauches latino-américaines et le PS français…un agent dormant à n'en pas douter...

La Stampa du 15/03/2009 fait encore plus chaud au cœur avec le titre "Chávez offre une île aux avions de chasse russes". Les Russes pourraient très bien stationner des appareils sur le sol cubain ou au Venezuela. Chávez a proposé l'île d'Orchila.

Je lance une bouteille à la mer avec une question: L'Argentine qui laisse tomber le Dollar pour régler ses échanges avec la Chine en yuan dans La Repubblica du 01/04/2009, c'est un poisson d'avril? Si cette disposition monétaire est vraie, on admirera la lungimiranza de nos bien-aimés leaders…

Je me suis gardé le meilleur pour la fin avec El País du 14/03/2009 et José Vidal-Beneyto qui nous parle du Berluscozysme, la nouvelle émanation de la démocratie occidentale qui s'est imposée en Italie et en France… les voilà à la pointe de l'innovation ces deux-là. Vidal-Beneyto parle de démocratie marketing, de management au cœur de l'administration publique, oublié l'affrontement idéologie, il est juste question de concurrence des offres politiques… si je comprends bien, un homme politique vendu comme un produit de lessive? Le héros politico-commercial est le vendeur et Berlusconi est le vendeur par excellence. Vidal-Beneyto reconnaît à Silvio sa préséance sur le supporteur intermittent du PSG. Avec Silvio, il est question d'omniprésence télévisuelle, ça fait plus de 30 ans qu'il s'invite dans les foyers italiens, pour son alter ego amateur de semelle compensées, on parle d'omniprésidence.

Le Volkskrant du 07/04/2009 pose la question de savoir s'il y a une berlusconisation en France. Les Hollandais répondent en précisant que Berlusconi possède des grands média alors que l'influence de Celui Qui Est Au Milieu De La Boue est moins palpable. L'avantage avec ce dernier, c'est que sa première année de règne a correspondu à une hausse des tirages des quotidiens nationaux… Ils ont travaillé plus pour gagner plus?

 

 

Par mazza
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Lundi 2 mars 2009

 

Mouais, je vais dire que j'ai hiberné et que c'est les quelques rayons de soleil de fin février qui réchauffent l'épiderme et me réveillent au petit manège médiatique. Il s'est passé quoi en 3 mois où je ronflais et m'agitais sur d'autres fronts? Ben, la crise, tout simplement, avec ses canines bien plantées dans les flancs des trésoreries nationales… ça commence à tourner au pas original du tout cette histoire… pas facile de garder la tête froide…

Panique à tous les étages, le nationalisme prolétarien serait donc en passe de revenir au galop? Ben oui, rien qu'une bonne crise pour se refermer, se replier derrière des barrières imaginaires et jamais sécurisantes. En fait, là, j'arrive quelques jours après la bataille où on a vu les travailleurs britanniques de la construction se lancer dans des grèves sauvages suite à la décision de Total (tiens, tiens on se retrouve…) de confier aux Italiens d'IREM le soin de mener à bien un projet de construction, en conclusion de l'inévitable appel d'offres européen et tout ce qui va avec, nécessitant en l'occurrence de la main d'œuvre européenne pour au total voir débarquer 400 Portugais et Italiens au Royaume Uni. Les Brits de la raffinerie de Lindsey dans le Lincolnshire n'ont pas gobé aussi bien le truc d'où des grèves sauvages amplifiées par la participation des autres Brits à travers le Royaume Uni, de l'Écosse au Pays de Galles du sud (The Guardian du 31/01/2009) le tout en reprenant les paroles de Gordon Brown prononcées en 2007 (il ne devait pas penser que ça lui serait resservi comme ça) "British Jobs for British workers". Ils lui ont gâché sa semaine de ski à Davos. Selon le Guardian, les chefs syndicaux britanniques ont surtout la rage qu'on ait négligé la main d'œuvre locale, le truc parfait pour le British National Party qui est prêt à sauter sur l'occasion.

Bobby Buirds du syndicat Unite en Écosse estime que le problème, ce ne sont pas les étrangers mais les entreprises britanniques qui font de la discrimination contre la main d'oeuvres britanniques. Les répercussions se font sentir sur les rives de l'Adriatique où La Repubblica du 04/02/2009 nous fait visiter Porto Viro (Rovigo) où sur une plateforme, britannique, Yanks, Italiens et Norvégiens travaillent ensemble pour un système de regazéification qui doit chauffer une maison italienne sur 10. Les Anglais ne sont pas très à l'aise avec ce qui se passe chez eux ("ridiculous") tandis qu'au café du commerce vénète, on envisage des représailles équivalentes au préjudice moral subi. La Repubblica et Il Sole 24 Ore du 04/02/2009 se font l'écho du Président de la République italien Napolitano qui trouve inadmissible la grève des britanniques et apprécie le soutien de Brown. Napolitano dénonce les égoïsmes nationaux et locaux, les manifestations xénophobes et les protectionnismes, bref, tout ce qui ne servira pas à dépasser la crise.

Cette crise sociale est un phénomène connu depuis plus longtemps comme nous le signale The Observer du 01/02/2007: le gouvernement britannique savait depuis 5 ans que la légalisation de l'emploi européenne pour travailleurs étrangers déboucherait sur de l'agitation sociale. L'ex ministre Labour du Travail, Frank Field, a prié Brown de faire de toute urgence une déclaration au Parlement et de faire une nouvelle loi pour obliger les entreprises britanniques à offrir du travail aux Brits, sinon, tout ce qui pourrait péter ne pourrait qu'être bon pour le BNP.

Le problème c'est de savoir maintenant qui va travailler sur les grands projets d'infrastructures avec à la clé les travaux pour les JO de Londres 2012, un truc à se retrouver à la veille des festivités olympiques avec des stades pas finis et des travaux à toute vapeur comme ça avait été le cas pour Athènes 2004. Ça ferait un peu désordre. Un petit espoir pour Bertrand Delanoë et son "amour des jeux"?

Une analyse salvatrice et agréable nous arrive de Ken Loach dans La Repubblica du 07/02/2009. Là, j'avoue, c'est un peu le fan de base qui tapote allègrement ces quelques lignes mais My God, if there is one mate on earth to make you love this goddamn Britain, it can only be him. Il est à peine plus jeune que mon père mais je le soupçonne d'être moins vieux con que d'autres pestouilleux aux mâchoires carrées et arrivistes. Loach se déclare tout simplement solidaire des travailleurs britanniques et leur mouvement n'était pas contre les travailleurs italiens ou portugais, contrairement à ce qui a pu être relayé dans les media pommy ou au gouvernement de sa Gracieuse Majesty. C'est effectivement très moderniste de pratiquer un espèce de dumping social en embauchant des mecs du Sud de l'Europe pour leur filer des contrats avec moins de garanties et des salaires plus bas que dans le pays où ils vont travailler. Dans le cas des Dagoes, ils squattaient même sur une barge, une idée de l'enrichissement qu'on peut tirer d'un tel séjour à l'étranger…. Pour Loach, les travailleurs anglais ont les idées bien claires: les règles du travail doivent être les mêmes pour tout le monde. Ce qui est arrivé n'est pas seulement le lointain héritage du grand bon en avant de la Dame de Fer, Loach précise que Blair et Brown ont été aussi de bons élèves. Le mot de la fin par Seumas Milne dan le Guardian du 05/02/2009 qui reprend les paroles d'un leader de Unite pour expliquer que la vague de grèves ne portait pas sur la race ou l'immigration mais tout simplement sur la classe ouvrière, une lutte pour l'emploi dans une récession qui s'intensifie et un retour de manivelle pour le modèle de dérégulation avec sa course aux résultats, le néolibéralisme que ce brave New Labour a poursuivi depuis une décennie. Les grévistes n'ont pas pris comme bouc émissaire les Italiens, Portugais, Espagnols ou Polonais ramenés pour faire de la sous-traitance. Ce n'était pas une campagne de grèves pour les privilèges des travailleurs du cru contre les étrangers mais une lutte pour le droit à tous d'accéder aux emplois en Grande Bretagne et contre l'utilisation de contrats fait à l'étranger de manière à saper et à dévaluer la main d'œuvre locale.

 

Heureusement qu'il y des vigies anticapitaliste comme le petit postier de Neuilly. Carrément la gloire pour Olivier et son Nouveau Parti Anticapitaliste avec le Guardian du 06/02/2009 qui reprend son projet d'un nouveau parti rassemblent des gens aux trajectoires politiques différentes et avec la crise économique qui dévoile les dangers d'un capitalisme sans brides, le message de propriété collective avec redistribution fait un tabac inégalé. Un leitmotiv qui trouverait même un écho chez le petit magyaro-neuilléen domicilié dans le VIIIème arrondissement. Il est partout notre Postman Pat trotskiste: dans El País du 28/01/2009, il confie appartenir à une génération pleine de doutes et c'est pas plus mal. El País souligne que la droite française le voit bien comme quelqu'un capable de mettre les gens dans la rue alors qu'il est en même temps le résultat d'une blessure à gauche. Il dit tout observer et là, ça fait un peu La Samaritaine: les régimes vénézuélien, cubain, vietnamien, chinois, le guévarisme, le trotskisme, les mouvements écologistes. Va t'y retrouver là dedans. De Morgen du 07/02/2009 nous fait une pleine page sur Olive et son itinéraire (politique, bien sûr pas celui de sa tournée de distribution de courrier…) et le NRC Handelsblad insiste sur son aspect générationnel (iPod Generatie) et l'espoir que ça peut être pour la France qui semblait partie au début de la décennie pour être le laboratoire de la gauche antimondialisation mais tout est resté éclaté contrairement aux Pays Bas et en Allemagne où des partis ont émergé sur la gauche des populaires partis historiques de centre gauche (SP et die Linke). Après la gueule de bois de 2002, une chance pour 2012? Attention à third time lucky…

 

 

Maintenant vous êtes fatigués, vous rêvez de ciel bleu, de balades au gré de la brise dans un tangage nonchalant au large de criques colorées et recuites sous le soleil… The Guardian du 26/01/2009 et La Stampa du 07/02/2009 nous emmènent en Corse avec à chaque fois une pleine page pour nous apprendre que les joyeux cagoulards apprentis artificeirs à leurs heures perdues se découvrent maintenant une âme verte: ils ont pas aimé le Padduc qui pourrait abolir la protection dont jouit une bande de littoral de 100 m où il est interdit de construire. Bon, c'est vrai qu'il y a pas que les séparatistes qui poussent une gueulante. En plus, on sent qu'ils ont pas envie de rigoler ceux de Corsica Libera comme les cite la Stampa:"ils ne sont pas opposés au recours à la violence". Ça risque de tourner aux cadences infernales pour eux, habitués à remodeler les villas locales avec des pains de plastic, si jamais ils se retrouvent avec les maquis de béton comme ceux qu'il y a en Espagne, ils sauront plus où donner de la mèche.

 

 

Et puis que serait l'actualité étrangère sans un coup de projecteur des media étrangers sur notre petit couple princier, pouvoir et paillettes réunis pour le meilleur? Un an déjà que la sirène turino-piémontaise porte des semelles plates (El País 01/02/2009) mais elle nous rassure (toujours dans El País) qu'elle est toujours de gauche et elle a même fait découvrir à son présidentiel époux des milieux insoupçonnés comme les cercles intellectuels, c'est vrai que ça doit lui être assez nouveau.... The Times du 12/02/2009 revient sur l'Autobiographie non autorisée du concurrent de Julien Dray en matières de Rolex et autres toccantes dispendieuses, l'idéateur du slogan néo-rural de Tonton, avec ce dîner du 13 novembre où tout a commencé. Sarah Vine analyse la rencontre entre un "parfait exemplaire de la masculinité gauloise (un comble pour un descendant de la Mitropa mais preuve qu'il a bien su s'intégrer) et une vamp à la hauteur de sa réputation". Il y aurait même du Antoine et Cléopâtre si on en croit cette bonne Vine… woouhh, ils auraient pu faire figurants dans le peplum de Chabat. Pour Vine, draguer en évoquant le couple Marylin-John n'est pas vraiment une garantie de stabilité pour la relation, il y aurait même de quoi faire fuir la nénette qui devrait donc finir comme la légende: tragiquement, avec une overdose. Quant à lui, ce serait le cavaleur charismatique. Vine regrette qu'ils n'aient pas été mieux coachés au niveau approche: "Vous faites l'amour parce que personne ne vous le fait?". Pour Vine, on est chez les adultes, pas au lycée. Il va falloir qu'il fasse mieux que ça, conclut notre analyste grande bretonne.

 

 

Par mazza
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Vendredi 7 novembre 2008

 

 

Ben oui, j'ai pas pu résister, tellement facile. Il est élu le divin enfant, faites sonner les trompettes, tambours, DJ's chébrans et tout ça, States are back… and it's not gonna be a joke. Celui qui n'aime pas les symboles va devoir se les gaufrer pendant quelques temps encore, juste ce qu'il faut pour le passage de relais entre les deux Maîtres du Monde. El País du 06/11/08 parle juste d'une tâche titanesque avec l'héritage empoisonné de W, ses 2 guerres pas finies et le cancer du déficit (belle image, effectivement, tout est possible de l'autre côté de l'Atlantique… on essaiera de ne pas parler de phase terminale). Le défi est maintenant de se transformer en un grand président à la mesure du flot de problèmes qui vont lui faire face. Bof, pas de soucis, s'il veut une bouée, il a juste à demander au Maître actuel de l'Europe qui a su si bien se démener aux 4 coins de la planète pour endiguer les effets dévastateurs de la crise. Ah lala, si petit mais tellement efficace… le Volkskrant commence son petit résumé des réactions étrangères en citant Celui Qui Est Au Milieu De La Boue (j'y peux rien, c'est la traduction du Nom de notre hungaro-neuilléen préféré… nan, je parle pas hongrois mais j'ai foi en mes sources) qui loue la brillante victoire d'Obama et l'immense espoir qu'elle suscite en France, en Europe et dans le monde entier. Le Pannonien du 8ème arrondissement estime même que les USA ont ainsi choisi l'ouverture et l'optimisme. Pourquoi, avant, ils avaient plutôt opté pour l'obscurantisme, la résignation et le désespoir éternel… pas très sympa pour celui qui était à la Maison Blanche ces 8 dernières années et qui menait le monde libre.

Je vais essayer de faire bref. Les yankees n'ont pas élu leur président, ils ont carrément fait un cadeau à toute la planète: comme dit le Süddeutsche Zeitung(06/11/08), c'est la fête pour le monde entier avec Obama qui devient président et des fois qu'on n'ait pas bien compris les Belges du Morgen (toujours du 06/11/08… et puis ils seront tous du même jour…) nous mettent le mot changement en toutes les langues. La Repubblica en rajoute un morceau en titrant que le mondo è cambiato. Le Giornale berlusconien vient calmer ces belles et généreuses ardeurs en nous rappelant juste –cruels qu'ils sont– que les States sont les States et qu'Obama, sans être Kennedy ou autre, sera là pour défendre l'hymne et le drapeau. Ces rabat-joies du Giornale seraient-ils en train de nous dire que ce conte de fées melting-potesque ne serait qu'une gentille poudre aux yeux destinée à ceux qui veulent bien s'aveugler en ces temps de prestidigitation financière où les valeurs disparaissent en Bourse comme la rosée au Sahara et où les bombardements erratiques continuent en Afghanistan et le Congo qui… ben, le Congo, quoi, une fois qu'on a dit Congo, j'ai la désagréable impression qu'on a dit beaucoup de choses et pas des plus pacifiques… mais là, c'est pas vraiment de rire qu'on a envie.

Et le Telegraaf qui nous met en première page que les attentes concernant Obama sont aussi hautes que les tours… c'est malin ça de provoquer les apprentis pilotes ou autres volontaires au slalom en avion à réaction au milieu des business districts, un coup à vous ruiner une carrière, ça…

 

 

 

Par mazza
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Lundi 13 octobre 2008

 

Je sens qu'on est parti pour un long catalogue d'idées reçues anticapitalistes primaires mais qu'est ce qu'on peut vraiment y faire tant le processus est caricatural jusqu'à l'étourdissement? Ringardisés l'État, le domaine public et tout ce qui y est assimilé, la main invisible du marché devait tout harmoniser. La décrédibilisation de l'état a bien été une entreprise de longue haleine par des media, des politiques et souvent des hauts fonctionnaires qui lui doivent tout mais expliquent doctement que moins d'État, c'est mieux pour tout le monde.

José K est de mauvaise humeur depuis quelques jours semble-t-il mais ce matin du 29/09/2008, il nous apparait dans El País comme flottant sans vie, plongé dans ses souffrances, après tout ce qu'on a écrit sur la crise depuis les hypothèques pourries, tout s'est vraiment écroulé? Il a supporté l'avancée progressive et imparable de tel ou tel dirigeant politique ultralibéral, des féroces ennemis de la présence de l'État dans la vie économique. José K pleure sur les Lehman, Merrill et AIG et toujours ce papillon pour lui dire que des banquiers imprudents des USA profonds se sont amusés au Monopoly des subprimes et voilà un charpentier, relation de sa voisine, Paco Garcia Pérez, qui se retrouve sans emploi à Vallecas. C'est sur le ton d'une fable sinistre que José María Izquierdo caricature l'ultralibéralisme qui a tant été à la mode ces deux dernières décennies avec le démantèlement des systèmes de santé ou l'éducation. Un monde fallacieux a été bâti et le voilà par terre. Et pour José K, si des hommes comme Greenspan ou Rodrigo Rato, n'ont rien prévu ni rien surveillé, c'est qu'ils y ont participé. On a juste l'impression de tourner en rond avec les inévitables Fuld ou Daniel Mudd et Richard Sayron, de chez Fannie et Freddie avec respectivement 8 et 15 millions € pour partir. Le sous tire d'Izquierdo le signale: c'est assez hypocrite de mettre les caisses de l'état à contribution pour réparer la crise financière déclenchée par une bande de voyous sans scrupules qui ont réussi à mettre leurs entreprises en faillite et ont mis en échec tout le système financier mondial.

L'intervention de l'état est inéluctable pour l'économiste José Luis Feito dans El País du 01/10/2008. Feito n'a pas envie de s'attarder sur l'aspect avidité, après tout, c'est la nature humaine, pas faux en soi, il faut le reconnaitre. L'explication est populaire mais elle lui semble populiste. Ce sont juste des comportements assemblés de différents individus qui finissent par nuire au bien être. Feito estime que la Fed a commis une grave erreur en maintenant les taux réels à un niveau bas pendant longtemps.

Le nouveau désordre mondial nait de la réduction de la mondialisation à sa seule dimension économique ou tout simplement financière (la Repubblica 02/10/2008) et le séisme de ces derniers jours est venu balayer l'idée de la croissance, la richesse sans le travail et sans communauté de référence, sans cette responsabilité publique et les règles qui s'ensuivent. La mondialisation pensait se dispenser de la politique alors que le citoyen cherche à qui s'adresser pour être soutenu dans une période où l'inquiétude est en expansion. La révolution financière internationale a défié l'autorité traditionnelle de l'état nation vers qui se tournent les citoyens, comme toujours en cas de crise. Le problème c'est d'avoir encore un état ou une société.

Qui sert qui ou quoi? Le peuple, dans sa grande majorité salarié, dont la productivité accrue ces dernières années a pu consolider les plus values et justifier les investissements privés, et à plusieurs reprises publics, dans tel ou tel secteur d'activité? Ou bien les financiers qui avec leurs investissements ciblés dans des activités ou des régions peuvent faire et défaire des états?

Le Süddeutsche Zeitung du 01/10/08 termine sa page 2 avec le titre "Le marché doit servir la société", effectivement, on n'en a jamais été aussi proche. Friedhelm Hengsbach est présenté comme un jésuite professeur en éthique chrétienne de la société, pas franchement un gauchiste ou un cryptocommuniste prêt à pendre par les tripes les patrons voyous et autres requins des marchés financiers. Il trouve remarquable que les experts financiers n'aient pas réalisé l'enchainement des risques financiers. Et dire qu'on supposait que les risques de crédit et d'activité qui pourraient toucher une institution se laisseraient endiguer. Malgré la différence entre un système financier US basé sur les risques effrénés, la rentabilité et un modèle européen qui apparait plus durable avec des actionnaires plus patients, ça n'empêche pas que tous le pays de la planète sont aspirés par la crise financière US et que le dépassement de cette crise sera bien un défi global. Hengsbach rappelle tranquillement que tout marché, y compris celui des titres et autres papiers à valeur est une émanation culturelle et sociale qui doit être soumise aux normes de la justice et de la loyauté. Et Hengsbach nous rappelle que l'évêque de Limbourg, Frank Kamphaus, avait insisté sur le point qu'avant, la place du marché et du village était entourée de l'église, de l'école, de l'hôpital et de la mairie et que sans ces institutions sociales, il n'y aurait pas pu avoir de marché. Rappelez moi juste laquelle des institutions a pris le pas ces dernières années sur les autres… je sais, c’est facile de critiquer mais après tout, je trouve que j'invente rien et puis bon, je suis pas là pour être gentil. Toujours Hengsbach (nan, je suis pas amoureux…) qui s'attend à des corrections importantes au niveau politique et mental des acteurs financiers et des politiciens. Il est peut être un peu optimiste, surtout que d'après lui, les experts financiers doivent reconnaitre que la stabilité de la sphère monétaire, c'est plus que la somme des rendements des entreprises de finances. La finance internationale doit être soumise à la mission publique d'améliorer la qualité de vie de la population mondiale et surtout celle des pauvres. Il sait pas à quoi il a échappé, Hengsbach, un fichage pour agitation politique chez Edvige. C'est vrai qu'une institution comme la BCE semble bien partie pour protéger les plus humbles. Federico Rampini, dans La Repubblica du 01/10/2008 n'hésite pas à parler de tigre de papier et il s'attarde malicieusement sur le cas Dexia avec notre magyaro-neuilléen préféré, élevé dans l'admiration du modèle américain qui se retrouve aujourd'hui obligé de nationaliser et suivant, malgré lui, l'exemple de Tonton il y a un quart de siècle.

Un truc à vous coller des nuits interminables comme Brown et ses potes (Independent du 09/10/2008) qui sont restés un long moment à négocier avec les banques pour sortir le plan de dépannage financier pour ces braves, ils tenaient même à coups de plats indiens (the Balti Bailout…)… The Independent note que le plan de sauvetage est balaise et historique mais suffira-t-il? La vache, qu'est ce qu'il leur faut? 50 milliards £ pour recapitaliser les banques brits, 200 Mrds £ de liquidités pour faire tourner la machine plus 250 Mrds pour garantir les finances des banques à moyen terme. The Independent note que ça peut satisfaire les critiques mais les marchés? Le plan de secours a bien été reçu par les leaders de la City mais les traders ont continué à coter les actions à la baisse… Il leur faut quoi en plus? Right what's coming up round the corner: la chute actuelle va juste se transformer en récession et ça pourrait même s'écrouler un petit peu plus, quelque chose ressemblant à la grande dépression, cheer up lads. Le Süddeutsche Zeitung du 26/09/2008 revient sur le livre de Kenneth Galbraith (Le Grand Crash) avec un parallèle des scenarii de 1929 et celui d'aujourd'hui, avec l'avidité, l'arrogance et l'exubérance en lignes de conduite, de saines valeurs en quelque sorte. Un boom immobilier et l'écroulement de ce même marché immobilier, un prélude à la vraie crise, quelle que soit l'époque. Hoover, illuminé, prédisant à ses concitoyens des années 20 qu'on n'avait jamais été aussi proche de la fin de la pauvreté, un truc qui sonnerait bien chez Bush et consorts. La différence devrait être que tout le monde, scientifiques, banquiers centraux et gouvernements auraient du retenir la leçon. Pas sûr, les USA ont vécu à crédit et ont pris le monde en otage. Ils ont cru que les dollars allaient se multiplier, les gens sans moyens ont pu s'embarquer dans des crédits immobiliers. La Fed et la SEC sont venues couper le robinet. La question que se pose le Süddeutsche Zeitung, c'est qu'est-ce qu'ils ont fait jusqu'à présent?

Détail marrant et il manquait plus que ceux là pour rigoler, c'est que les vainqueurs pourraient être les banques russes qui ont déjà connu leur crise il y a 10 ans avec la fermeture de certains établissements et certains observateurs verraient même une chance dans cette crise pour continuer à se consolider.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung (26/09/2008) prend la rhétorique du 11 septembre 2001 quand le Ministre des Finances allemand Steinbrück déclare que rien ne sera plus comme avant. Les conséquences du massacre en chaine se feront sentir jusque sur ce côté de l'Atlantique avec comme le prédit le Frankfurter Allgemeine Zeitung une croissance qui se rétrécit comme à la machine à laver, un chômage à la hausse et moins de recettes fiscales. Tu voulais moins d'état, il aura encore moins de marge de manœuvre

 

Pas de quoi paniquer avec Freedland dans le Guardian du 08/10/2008 qui titre que nos leaders sont incapables de dompter la bestiole: une crise pour la démocratie. Je trouve que la nouveauté serait que le processus maelstromique lancé depuis plusieurs mois serait démocratique au sens premier du terme avec une volonté populaire qui serait l'initiatrice de tout ce mélimélo, le peuple, cette pauvre masse anonyme aurait presque décidé de se payer les élites bancaires alors qu'en fait ces technocrates dorés sur tranche n'ont jamais fait grand cas de la volonté populaire. J'ai juste un truc qui me vient à l'esprit (si, si, des fois quelque chose se passe entre mes oreilles et juste en dessous de mes cheveux…): j'ai l'impression de me retrouver comme dans les films de science fiction à 2 balles de quand j'étais gosse, le syndrome chinois. Une centrale nucléaire dont le réacteur s'emballe pour atteindre un niveau de fusion tel que l'engin traverse la terre pour déboucher en Chine. Ça tombe bien, le meltdown financier qu'on expérimente actuellement est tel qu'un abysse se creuse et que tout ça va redéboucher chez les Chinois qui sont les heureux bénéficiaires de l'endettement yankee depuis quelques années. Selon des estimations (De Volkskrant 03/10/2008), ce sont 1000 milliards $ sur les 1800 Mrds $ de réserve que les Chinois détiennent qui sont investis sur la dette US. Tiendraient–ils les USA par des parties vitales? Comme dit Freedland, rien n'est impossible maintenant: 2 banques brits qui perdent 40% de leur valeur en une journée. Quand on pense (toujours Freedland) qu'à une époque la nationalisation d'une ou deux grandes banques suffisait à se faire taxer de gauchiste fantaisiste, ça devient maintenant la norme avec la City et un ancien Chancellor conservateur demandant plus que ça et le plus vite possible. Dire qu'avant ça semblait ridicule de penser qu'un système bancaire pouvait tomber en faillite, maintenant, c'est un pays qui peut déclarer banqueroute.

Ben justement, à ce propos, je repasse par l'Independent du 09/10/08 où c'est assez marrant de voir des municipalités anglaises dans les choux parce qu'elles ont investi dans les banques islandaises. Au moins 5 boroughs de Londres sont concernés dont Westminster, la classe quoi: après les avoir mis à sac il y a 14 siècles, les vikings leur remettent une peignée. C'est ça l'Europe. Le Morgen (09/10/08) fait un tableau détaillé de la situation islandaise en voyant même un avantage à toute cette bourrasque: c'est que maintenant c'est une destination touristique pas chère, mais bon, pour les cocotiers et malgré le réchauffement climatique il faudra attendre encore un peu. Le Morgen détaille cette saga des temps modernes avec un pays dont la population se situe en taille entre des villes comme Anvers et Gand mais dont les banques ont eu les yeux plus gros que le ventre (comme beaucoup de monde d'ailleurs) et se sont embarquées dans des investissements et reprises en Finlande, au Danemark, en Suède ou au Royaume Uni. Les entreprises islandaises emploient 150 000 personnes à l'étranger. Le Volkskrant du 09/10/08 parle d'épargnants d'Icesave qui sont plongés dans l'incertitude, plus personne au bout du fil quand ils appellent leur guichet préféré et la Nationale Bank (DNB) des Pays Bas est en réflexion avec les autorités islandaises. C'est vrai que c'est pas rien 120 000 Néerlandais attirés par des taux de 5,25% et tout ça qui représente 1,6 milliard €. Je ferme la parenthèse et je reviens sur Freedland qui nous rappelle que ça fait une paye (c'est le mot, tiens…) que la balance a penché vers les faiseurs d'argent, une révolution de voir éclater le vieux système de Bretton Woods avec ses taux de change fixes, tout ça pour entrer dans l'ère des marchés incontrôlables. L'impuissance est clairement affichée et les gens veulent une main de fer pour contrôler ce cirque. La gauche, ou plutôt certains à gauche, faut être juste, mettaient en garde depuis des années que les entreprises prenaient plus de poids que les nations et la crise ne fait que révéler que les peuples et leurs représentants ont peu ou pas de contrôle sur ce qui peut les affecter directement… difficile d'être plus clair.

Je m'étais gardé quelques spitting images avec des portraits hauts en couleur de ces grands patrons, gourous, wheeler-dealers, tycoons ou capitaines d'industrie comme on dit si bien dans les colonnes des quotidiens hexagoanux. Arrogance est l'un des premiers mots du Independent du 19/09/2008 lorsqu'on s'attarde sur l'accusation portée contre les Hedge Funds et les maitres de l'univers aux commandes de cette galaxie financière, intouchables, des fat cats comme on en rêverait. Named and shamed? N'exagérons rien avec Richard Fuld en tête, le Gorille (je l'invente pas, c'est son nickname sur Wall Street) qui, à la direction de Lehman Brothers, se fait une fortune aux dimensions "herculéennes" comme dit le quotidien. Jimmy Cayne, Président de Bear Stearns, dont la partie de bridge de Detroit a été gâchée par la Fed qui refuse de perfuser sa banque, ou bien John Mack, directeur de Morgan Stanley, qui se retrouve à quémander de l'aide à qui veut l'entendre. Chacun ses petits soucis et on retrouve nos héros préférés dans des journaux comme le Guardian du 08/10/2008 qui commence fort son récit de l'audition de Fuld par la Chambre des Représentants : un sommet pour ceux qui critiquaient la culture de l'enrichissement prévalant à Wall Street (je cite le Guardian). Fuld en plein exercice d'humilité, se disant horrifié par la fin d'une institution vieille de 158 ans. Le chef du Comité d'analyse Henry Waxman, qui n'hésite pas à sortir sa calculette (woh, le mesquin) et qui arrive à une rémunération totale pour Fuld de 480 millions $ sur 8 ans avec des pics de 91 M $ en 2001 et 89 m$ en 2005. La question qui tue de Waxman : votre boîte est en faillite, le pays est en crise et vous arrivez à garder 480 M $. Est-ce que c'est juste? On continue avec l'énumération des propriétés de Fuld, une villa en front de mer d'une valeur de 14 M $ (avant les subprimes? Nan, je plaisante… ça c'est pour les pauvres…), une collection d'art avec des peintures valant des millions de $. Y'en a qui savent vivre.

Faut pas se décourager pour si peu et Chris Patten nous explique dans le Guardian du 19/09/2008 que la mondialisation est bonne. Pas peur d'aller à contre-courant le mec… les anti-mondialisation (ou anti-globalisation, vous choisissez, et puis c'est marre) lui donnent quelques cartouches en s'en prenant à tout ce qui ressemble à ces grosses entreprises multinationales apatrides écraseuses de cultures tout en surfant sur la blogosphère, s'envoyant des e-mails sur leurs laptops fabriqués en Chine avec les derniers softwares de la boîte du binoclard le plus riche du monde, les SMS sur les cellulaires des plus gros réseaux télécoms du monde. J'ai pas envie de tomber dans le procès rapide contre la mondialisation, il est juste toujours marrant de constater que ce front rassemble de tout, des écoguerriers à piercing et joueurs de tablas dans les prés aux péquenots rondouillards déjà bien subventionnés depuis plusieurs générations. Après tout une vache européenne coûte 913$ par an en subventions et les aides dans les pays riches viennent encore plus enrichir les agriculteurs déjà pas vraiment dans le besoin. Patten signale que la plupart des investissements au niveau international réalisés par les pays riches sont dirigés vers les 30 économies en phase d'industrialisation. Les recettes dans le commerce et les investissements ont débouché sur une croissance qui a tiré un grand nombre de gens de la pauvreté. La mondialisation passe aussi par des organismes supranationaux qui peuvent intervenir pour réguler certaines entreprises ou faire valoir des standards en termes de production, de législation ou de santé. Au cours des années 90, le nombre de personnes en Asie vivant dans l'extrême pauvreté est passé de 486 millions à 275 millions et la mondialisation est souvent mieux vue dans les pays en voie de développement que chez les pays riches où on a vite tendance à confondre mondialisation et américanisation, ce qui n'est pas vraiment la même chose effectivement, à moins d'être particulièrement myope, mais ça, c'est un autre débat.

 

 

 

Par mazza
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Jeudi 25 septembre 2008


 

Ça se passe là-bas, loin, bien loin de nos rivages… évitons les envolées à la gloire de ceux qui osent dire non, l'hydre yankee n'est jamais aussi dangereuse que quand elle semble perdre la face, le tigre de papier, tout ça, c'est de l'histoire ancienne, des formules bonnes à enrichir les manuels scolaires ou même ce que je suis en train d'écrire. Morales et Chávez qui rompent les relations diplomatiques avec les USA avec ambassadeurs renvoyés back home, pourquoi pas mais alors comment ça se passe là-bas, de l'autre côté de la grande mare? Les Sud-Américains se sont en grande partie retrouvés pour évoquer la situation terrible en Bolivie et Evo Morales a reçu le soutien de ses confrères, en particulier de Lula (La Nación 17/09/2008 et El País 18/09/2008) avec un aspect important qui est la décision de non ingérence dans les affaires boliviennes, La Nación a même qualifié d'absurde la mesure de Chávez de virer l'ambassadeur US. En fait, le quotidien argentin est encore moins tendre quand il estime inadmissible le fait que Chávez fait intervenir l'Amérique Latine de manière indirecte dans les relations russo-yankees, ces dernières étant loin d'être radieuses (en attendant d'être irradiées?… nan, je plaisante…).

Chávez serait même un ami encombrant pour Morales si on en croit La Nación. Bon, ben c'est vrai que c'est pas très léger de la part de Chávez de proposer d'envoyer des troupes vénézuéliennes s'il y avait une menace de coup d'état contre Morales, comme si ça pouvait arriver dans cette région… tiens d'ailleurs, puisqu'on en est à la section de 'quoi je me mêle', ça me rappelle la petite phrase de Vargas Llosa (El País 24/08/2008) où de passage au Venezuela, il constate avec les gens qu'il y rencontre que Chávez n'hésite pas à promouvoir son bolivarisme à coup de pétrole à bas prix en direction de l'étranger mais que jamais un Vénézuélien ne s'est plaint que ce soit fait en faveur des Boliviens, Nicaraguayens, Argentins ou Paraguayens. Pourquoi? demande-t-il… Je préfère garder Vargas Llosa comme écrivain, la vie et les paysages qui ont fait vibrer ses lignes sont des cadeaux inestimables pour chacun de nous, ce qu'il peut dire en dehors n'est pas vraiment intéressant et sa réponse à sa propre question ¿por qué? me laisse une impression de guimauve…

Je reviens à la Bolivie où le Chef des Forces Armées boliviennes, Luis Trigo, a dit 'non merci' à la proposition de Chávez. Dommage parce que les opposants à Morales insultent les Vénézuéliens ou Argentins qui traînent dans le pays…elle va être belle la solidarité latine.

Raúl Isaías Baduel, ancien ministre de la Défense du Venezuela, est interviewé dans El Mundo du 19 /09/2008 et pour lui, Chávez essaye de politiser l'armée. Baduel est présenté comme un héros du chavisme depuis qu'il a contribué à stopper la tentative de coup d'état de 2002, il rappelle que les militaires vénézuéliens ont une conception du service pour la nation, un truc rare dans ces contrées. 80% des militaires seraient contre le projet de Chávez d'amender la constitution, Baduel ne voit plus Chávez qu'avec un seul objectif, se maintenir au pouvoir… bof, un truc pas original en soi comme peut le constater Human Right Watch (El País 19/09/2008) avec cette concentration de pouvoir depuis la tentative de golpe. Tout n'est pas perdu, Human Right Watch reconnait que malgré la reprise en main du Tribunal Suprême depuis 2004, ce dernier arrive quand même à rendre des sentences favorables aux droits de l'homme. Bon, ben finalement, dictateur ou pas dictateur?

Toujours dans El País du 19/09, l'ancien président de Bolivie, Carlos Mesa, souligne la patience paradoxale de Morales avec les gouverneurs opposants qui reviennent au dialogue. Pour Mesa, les différences régionales, raciales et culturelles ont atteint un point crucial, il parle d'action raciste de la part des élites qui a débouché sur un massacre collectif et il met en garde contre le risque de voir la Bolivie s'embarquer dans un référendum nourri d'inconsistances avec la volonté constitutionnelle de prendre en compte des aspects ethnico-culturels … un baril de poudre en puissance… une porte ouverte au communautarisme? La Bolivie cesserait d'être une République mais deviendrait un État composé de 37 nations indigènes. Certains en rêvent sur nos rives…

Les Berlusconiens du Giornale (17/09/2008) sont tombés sous le charme de Lula et sa capacité à appeler tout le monde à la raison tout en secouant les opposants à Morales parce qu'ils ont recouru à la violence. Le Giornale n'hésite pas à parler à l'occasion de cette réunion Unasur à Santiago de nouveaux rapports de force pour le sous continent… rien que ça… Morales renforcé mais recadré et Chávez à qui on a imposé le silence… tout est bien qui finit bien.

Le Süddeutsche Zeitung du 17/09/2008 revient sur l'hôtesse du sommet Unasur, Michele Bachelet, qui profite de la réunion pour réaffirmer sa solidarité avec le peuple de Bolivie et qu'il n'y avait aucune sorte de circonstances pour justifier les atteintes aux droits de l'homme. Comme le souligne le quotidien allemand, elle sait un peu ce que c'est ce genre de traitements de faveur.

Juste pour ne pas se laisser distraire et même s'ils attirent les feux de l'actualité, je ressors mon  Süddeutsche Zeitung du 14/08/2008 qui nous fait un long portrait de Fernando Lugo, un évêque paraguayen à la tête de l'Alliance Patriote pour le Changement, qui doit prendre la présidence du Paraguay. Une première mondiale avec un évêque à la tête d'un pays. La région est déjà propice aux innovations avec Lula l'ancien métallo à la tête du Brésil ou Chávez le parachutiste. Lugo les connait tous. Il se définit non pas comme un théologien de la libération mais comme un analyste de la réalité et s'appuie sur le temps passé avec les gens les plus simples. plus loin dans l'article du Süddeutsche Zeitung, on retrouve un des bons produits du pays, Stroessner Junior, qui n'hésite pas à annoncer son retour pour dans 5 ans. C'est sûr, une dynastie aussi rigolote que les Stroessner, on n'hésite pas à demander un rab.

 

 

 

Par mazza
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Dimanche 7 septembre 2008


Crise immobilière chez les Brits, les prix qui dévissent et les ventes de maisons au plus bas depuis 30 ans. John Henley du Guardian (05/09/2008) nous rappelle le rêve de la Dame de Fer de faire des Brits une nation de propriétaires. Ça s'est fait à une vitesse ahurissante. 70% des Brits sont propriétaires de leurs maisons alors qu'il y a encore 30 ans, la moitié était en location. Le prix moyen d'une baraque était de 218 000 £ en octobre 2007, 3 fois le niveau de 1995. Les Anglais se sont embarqués dans les achats de maisons non seulement pour être simplement chez eux mais aussi pour les autres, pour louer. Henley signale le changement d'attitude par rapporte à la brique : ce n'est plus la "maison" pour y vivre, le foyer, mais c'est devenu une propriété, une source de profits, tout ça encouragé par des taux complices et un matraquage libéralo-publicitaire dont les slogans sont plus rigolos en version originale, traduits en français, on aurait l'impression de retrouver les slogans de campagne du RPR pour les législatives de 1986… si je parle de cette époque, c'est pour vous dire à quel point je suis jeune…

Le pire, c'est que si ça tourne au jeu de massacre immobilier comme aux States, les nouveaux pauvres désociabilisés ne pourront même pas trouver un toit sous un œil bienveillant enveloppé dans un uniforme. Le gouvernement anglais projette de construire 3 prisons titanesques, chacune devant accueillir 2500 détenus, là, y'en a qui seront à l'abri pour le coup. Un tel empressement immobilier devait finir par réveiller des aigreurs chez quelques-uns, des esprits éclairés et tout ça, alors que tout ce que réclament les braves gens, c'est un toit… who fancies sleeping rough? Le Conseil National des Commissions Indépendantes de Surveillance (NCIMB) vient mettre son nez dans cette grande envolée lyrico-bétonneuse et il dit au Ministre concerné que diriger des prisons mammouth, c'est tout juste bon à avoir d'énormes problèmes de personnel. Il y va fort le patron du NCIMB, Selby (The Guardian 27/08/2008), il évoque la surpopulation et il parle de démesure quant aux chiffres. ben, et les résultats alors? Du chiffre, mon gars, il faut du chiffre.

7500 places en prison supplémentaires, c'est encore plus de galères (si je peux me permettre) pour faire coïncider les besoins de différents types de prisonniers qu'on s'attend logiquement à tenir éloignés les uns des autres. Heureusement qu'une porte parole du Ministre de la Justice britannique précise que ces prisons titanesques ne doivent pas être vues comme des 'entrepôts', les détenus seront accueillis selon leurs besoins et ce qui leur est reproché (encore un peu et on va nous parler de 'clients'…) et tout cela sera situé près des zones qui génèrent le plus grand volume de délinquants - c'est mieux en V.O: the greatest volume of offenders… En fait, là, c'est clair, il n'est plus question de clients mais de marchés, de zones de chalandises et autres joyeusetés sémantiques pour évoquer ce que nous devenons tous dans cet Occident tellement avant-gardiste : des unités de consommation bien individualisées, bien rangées dans leurs cases, une clientèle captive… en quelque sorte.

Écho espagnol à la claustromanie avec El País (05/09/2008) qui publie un texte de Frederic Sánchez, habitué des visites de prisons espagnoles et françaises, et qui nous parle de cette fuite en avant consistant à enfermer de plus en plus de gens, avec pour déduction logique, les complications pour tous : les incarcérés comme ceux qui les entourent. Sánchez note qu'on en est en train progressivement d'éteindre tout ce qui peut être réinsertion, le minimum normal pour l'accomplissement d'une peine, et qu'on assiste plutôt au renforcement de l'inverse, c'est-à-dire un système de corruption et d'exclusion, un système où le fort domine, où le marché de toutes les drogues se porte bien et où celui qui a l'oseille s'en sort avec toutes les faveurs. Sánchez fait encore plus mal en nous rappelant que ce qui se passe derrière les murs d'une prison, c'est la vision microscopique d'une société, un miroir qui révèle à nos démocraties leur développement discutable. Il emploie la belle image des boomerangs qu'on balance par-dessus les murs des prisons en espérant qu'ils ne reviennent jamais…

Un qui ne risque pas de revenir, c'est Gene Hathorn qui attend dans le couloir de la mort au Texas pour avoir tué son père, sa belle-mère et son demi-frère. Si son dernier appel ne passe pas, il a demandé à ce qu'une fois exécuté, il soit transformé en nourriture à poissons et distribué à nos copains Bubulles (The Independent 04/09/2008). L'idée a déjà séduit Marco Evaristti qui serait prêt à mettre en scène la transformation de Hathorn en nourriture pour nos amis à écailles dans un endroit comme le Museum d'Art Moderne à New York. Ça, c'est du happening. C'est vrai que ce pauvre Hathorn doit aussi se sentir seul, il ne risque pas d'y avoir grand monde à son éventuelle sortie de prison vu comment s'est terminée la dernière réunion familiale…

J'essaye de faire une petite note légère, des fois, il parait que je suis drôle. Comme je suis en plein action-répression, je repars sur un truc que j'avais dans La Stampa du 17/08/2008 : Aurora Bergamini s'attarde sur Le Brigadier, un flic rappeur qu'on trouve sur Myspace et qui rap sur la malaise des policiers, la dégradation des conditions de travail et les dérives des agents de police depuis le passage du petit échappé neuilléo-magyar dans leur ministère de tutelle. Les pressions ont commencé à cette époque avec l'obligation d'avoir des résultats en matière de sécurité.

Bon, un truc bien simple pour ramener la paix dans ce Disneyland enchanté qu'est l'Hexagone et je me demande d'ailleurs pourquoi elle y a pas pensé la Bergamini, on a qu'à proposer un jam, un soir au coin du feu, dans la petite bâtisse qui se trouve Rue du Faubourg Saint Honoré avec le Brigadier et l'ambassadrice de charme de la ville de Turin qui a déjà tant fait pour le rapprochement entre les hommes. Comme il parait que la tunique bleue mélomane adepte du langage des jeunes est d'origine italienne, ils pourront parler du pays… lo so che è una cazzata…

 

 

 

Par mazza
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Vendredi 5 septembre 2008

 

Non ci mancava altro… dopo la finale di Berlino dove lo Zizou ci ha fatto vedere la sua capacità ad'escogitare une risposta adeguata alle provocazioni di Matrix e dopo un Europeo dove gli azzurri hanno spento le ultime speranze francesi con un freddo realismo, i due migliori nemici del momento si fronteggiano per la mela marcia dell'Afghanistan… certo, il movente è tragico: dieci giovani soldati francesi uccisi dai Taleban in una zona una volta sotto controllo italiano. I settimanali francesi (Le Point) insistono sul fatto che gli Italiani non avevano più pattugliato da almeno 6 mesi, lasciando il terreno libero ai Taleban…

Donc, c'est reparti pour encore se taper sur le bec par-dessus les Alpes… dommage, on avait vu un si beau rapprochement entre un nabot fraichement quinquagénaire et une poupée gonflante transalpine (j'insiste beaucoup sur le fait que toutes les lettres se tiennent… je vois déjà les sourires entendus….), tout ça au royaume d'une souris OGM implanté en plein milieu d'ex-champs de betteraves (mi dispiace, ragazzi, ma prima di Topolino, c'erano le barbabietole… e il fango…). Bon, ben, remballe ta guitare, poupette, c'est encore la soupe à la grimace entre l'Italie et la France.

Les Italiens cherchent à ne pas polémiquer et mettent en avant leurs saisies d'armes et de drogues ainsi que leur capacité à dialoguer avec la population locale. Le général Giuseppe Valotto (La Repubblica 29/08/2008) met la réaction des Français sur le compte de l'émotion, c'est la réaction à chaud de celui qui a perdu 10 hommes. Les accusations à peine masquées contre l'Italie ont été reprises par différents journaux français mais Valotto insiste sur le fait que les Italiens ont toujours continué leurs patrouilles dans le secteur tout en restant ouverts au dialogue avec les Afghans qui signalaient souvent les armes ou les engins explosifs placés sur la route… une question de temps avant que ça explose de nouveau : un soldat allemand n'a as eu la chance d'être prévenu. Le Ministre Franz Josef Jung a évoqué un piège explosif déclenché par câble à côté du fleuve Kunduz. Le Süddeutsche Zeitung (29/08/2008) décrit Jung comme affecté mais qui tient à ne pas se laisser dévier de la mission première qui est de bâtir la stabilité et un développement pacifique en Afghanistan.

Ça risque de ne pas toujours être facile… surtout avec des bombardements bien ciblés comme il y a eu dernièrement.

Peut être que finalement, quand on est troufion et envoyé chez les Pachtouns, le meilleur entrainement c'est d'aller dans les collèges et lycées US où, comme le signale The Independent du 27/08/2008, on n'hésite pas à investir dans un programme d'entraînement vidéo qui explique comment survivre à une fusillade à l'école. L'inventeur du programme, Randy Spivey, dit ne pas vouloir profiter de la paranoïa ambiante mais cherche juste à expliquer aux jeunes qu'ils peuvent se défendre avec leurs ordinateurs portables ou leurs sacs… ça va être bien les sacs blindés pour les mioches maintenant… elle est marrante son idée à Spivey : on peut aussi attaquer avec une clé USB? À partir de combien de giga-octets il faut la déclarer chez les flics? En tout cas, ça peut rapporter gros : 1 450$ le programme d'entrainement et on trouve même un rabat-joie (party popper… c'était facile…) pour parler de marketing de la peur. Les gens voient le mal partout.

 

 

 

 

 

Par mazza
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Mardi 2 septembre 2008

 

Oubliez les vols de plomb, cuivre et autres métaux non ferreux, c'est d'un commun mon cher. Maintenant, le vrai eldorado est au bout du champ de ces chers (très chers…) agriculteurs européens généreusement subventionnés. La vraie valeur montante, c'est le bétail, tout bête, tout quadrupède, avec ses grands yeux humides qui vous regardent pleins d'amour et certains ne s'y sont pas trompés : La Repubblica du 29/08/2008 nous parle des vaches et des moutons qui sont aussi précieux que des bijoux... un nouveau créneau pour Cartier? Ces braves bêtes sont l'objet de bien des convoitises après avoir été au centre de bien des attentions. En Italie ça semble être un sport national (meglio del calcio…?) avec des éleveurs qui passent la nuit dans l'étable à garder leurs vaches, des bergers dont les troupeaux sont réduits de moitié et qui se retrouvent sur le carreau, des entrepreneurs qui s'improvisent détectives et qui recherchent leurs bêtes dans les fermes voisines. L'urgence italienne s'appelle les voleurs de bétails. On vole des bovins destinés à l'abattoir dans le Nord, des agneaux et des moutons dans le Centre, le Sud et les îles. Le racket des entreprises agricoles avec vol de machines, violences sur les personnes et destruction de cultures représente selon la Direction Nationale Antimafia environ 7,5 milliards € par an. L'an dernier, on estime à 100 000 le nombre d'animaux volés par des groupes biens préparés qui savent où frapper. Le plus marrant, surtout qu'on nous parle tout le temps de traçabilité de la viande depuis la tétée jusqu'à notre assiette (celle des autres, pas la mienne, j'aime pas la viande) après tout le cirque de la vache folle, c'est que comme l'explique Giorgio Apostoli, on ne sait pas comment les voleurs écoulent leur butin et combien de boucheries sont prêtes à accepter de la viande sans certificat. L'abattage des bestioles sans les moyens techniques prévus, ça peut aussi déboucher sur de la viande avec des infections dangereuses pour le consommateur final. Sympa comme perspective. Un po' di bistecca?

 

Par mazza
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Jeudi 21 août 2008

Je sais que ça va devenir lassant mais bon, j'essaye de faire intéressant et puis, j'y peux rien, la page est pas encore tournée, pas définitivement… et toutes ces informations qui se précipitent, se percutent entre elles… elles sont là, la question, c'est juste de savoir si on est digne de les accepter.

 

L'octogénaire est fatigué, il n'a guère eu le temps de dormir ces dernières nuits note le NRC Handelsblad (13/08/2008), un œil rivé sur la télévision. "Ça fait mal quand on sait qu'il y a beaucoup de victimes et que tant de gens doivent fuir" dit-il. Il est stupéfait que ce soit allé aussi loin et n'arrive toujours pas à comprendre. Eduard Ševardnadze se retrouve face à un groupe restreint de journalistes italiens et les titres, que ce soit sur La Stampa ou La Repubblica (14/08/2008), sont sans équivoque pour résumer l'opinion de l'ancien numéro 2 soviétique: 'Che errore'. Ševardnadze dit ne pas avoir été informé de la décision de Saakašvili, les motifs ne manquaient certainement pas mais ils ne suffisent pas toujours à eux tous seuls. La Repubblica souligne que l'ambitieux jeune dirigeant géorgien ne plait pas à l'ancien Ministre des Affaires Étrangères de l'URSS. Saakašvili avait le droit selon Ševardnadze de rentrer en Ossétie mais l'impulsif président géorgien a oublié la passé quand Gamsakhurdia a lui aussi tenté de rentre dans Tskhinvali et y a été défait. Pour Ševardnadze, l'intervention européenne a eu son poids et la Russie ne peut se permettre de s'isoler mais les choses ont bien changé depuis Gorbačov. La conclusion de Ševardnadze dans la Repubblica sur les  USA n'est pas ce qu'il y a de plus rassurant: ils poussent le monde vers une nouvelle guerre froide avec leur projet d'installer en Europe un bouclier antimissile. 

Le problème à lire les spécialistes du secteur, c'est qu'à la fin, on arrive difficilement à être optimiste. Le Morgen belge du 14 /08/2008 interviewe Pierre Chevalier, ancien représentants de la Belgique auprès de l'OSCE, qui estime que depuis la guerre de sécession de 1992, la région est restée hautement inflammable. Les provocations en Ossétie du Sud ont été faites des 2 côtés mais Chevalier précise que l'indépendance du Kosovo a été une pilule amère pour la Russie et que cette dernière saisit toute opportunité pour renforcer son pouvoir et sa sphère d'influence dans la région. D'autres conflits sont à attendre dans une région où pour l'instant les questions de la Transnistrie, de l'Abkhazie et du Nagorny Karabakh sont gelées.

Alors, 'mourir pour la Géorgie?' se demande le Süddeutsche Zeitung du 14/08/2008. Le quotidien allemand revient sur l'écrit polémique de Robert Kagan, The Return of History and the End Of Dreams, qui avait évoqué un conflit entre la Géorgie et la Russie au sujet de régions séparatistes. Que feraient l'Europe et les USA si les Russes devaient s'immiscer en Géorgie ou en Ukraine. Réponse lapidaire: rien.

Ce n'est pas une nouvelle guerre mais bien une ancienne, sans conflit par procuration comme au temps d'un monde bipolaire, une guerre de pouvoir avec des intérêts économiques et territoriaux. Le Süddeutsche Zeitung voit un parallèle saisissant avec le 19ème siècle avec le jeu d'un petit état comme le Piémont entre 2 plus grands comme la France et l'Autriche de l'époque. À l'époque, ça avait débouché sur une guerre plus grande et pour finir, l'unification italienne.

La guerre froide est bien de retour comme le voit Van Den Doel dans le NRC Handelsblad du 13/08/2008. La Russie entend bien donner le signal qu'elle veut défendre sa sphère d'influence avec la force militaire et que l'Occident porte aussi sa faute en voulant élargir l'OTAN aux pays d'Europe de l'Est. L'intégration des pays baltes en particulier a été une source de préoccupation pour les détenteurs du pouvoir en Russie. Il ne faudra pas longtemps avant que la Russie vienne mettre des limites à la marge de manœuvre de l'Ouest, poursuit Van Den Doel. L'Europe de l'Ouest est de plus en plus dépendante de la Russie en termes d'énergie. Notre prospérité et notre économie deviennent aussi dépendantes de la politique russe. Le conflit a amis en avant la division et la faiblesse des institutions de sécurité: l'OSCE n'a joué aucun rôle d'importance.

Finalement, comme le dit le Süddeutsche Zeitung (14/08/2008), Saakašvili s'est réveillé dans un champ de ruines et ses jours semblent comptés si on en croit Carel Hofstra (NRC Handelsblad du 12/08/2008), habitué de l'ambassade des Pays Bas en Géorgie et encore actuellement en Arménie. Les USA ont bien entrainé l'armée géorgienne dont le gouvernement a cru en une guerre éclair mais a complètement loupé la réaction russe. La Russie est bien partie pour une annexion rampante selon Hofstra. Ce qui peut sauver Saakašvili, poursuit Hofstra, c'est le sentiment antirusse profondément ancré chez les Géorgiens mais le pays se dirige vers une période de troubles politiques, ce qui a toujours des répercussions chez les voisins. L'Arménie est bloquée par la Turquie et l'Azerbaïdjan, elle est considérée comme un fidèle allié des Russes et elle partage le point commun (c'est bien l'un des rares…) avec l'Azerbaïdjan d'avoir des minorités en Géorgie. Les choses se compliquent encore plus quand on voit que l'Azerbaïdjan dépend de la Géorgie traversée par les pipelines pour exporter le pétrole vers la Mer Noire.

Et dire que tout ça arrive aux portes de l'Europe et qu'un peu plus bas, on se retrouve avec une autre région dont la caractéristique première n'est pas franchement la stabilité ni le bon voisinage entre les différentes composantes 'ethnico-religieuses' (comme diraient les spécialistes): l'Iraq.

 

La météo en cette fin d'aout n'est pas des plus drôles mais si on attaque la rentrée avec des risques d'embrasement, c'est un truc à se gâcher l'été… indien.

 

Par mazza
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